Les élus locaux veulent peser sur les projets d’aménagementEt si les élus du Val-d’Europe avaient enfin leur mot à dire sur l’avenir de leur territoire ? L’idée semble un peu folle sur un secteur où l’Etat et Disneyland décident sans partage des choix d’aménagement depuis plus de vingt ans. Pourtant, à l’heure où la convention de 1987 qui confiait les rênes du développement urbain du secteur à Disney est en passe d’être renégociée, les élus du syndicat d’agglomération nouvelle (SAN) entendent bien peser sur les débats.
Ils ont confié au cabinet d’études François Leclerc la réalisation pour juin prochain de leur propre projet de territoire pour le Val d’Europe. Nous nous sommes procuré une version provisoire de cette étude, qui prévoit une densité urbaine accrue autour du boulevard circulaire, le développement des transports en commun et une activité économique plus diversifiée dans le secteur IV de Marne-la-Vallée.
Vers une ville plus durable… et plus dense. Comparant la densité urbaine de Torcy, « 36 habitants par hectare », et Paris « 3 000 habitants par hectare » à celle de Magny-le-Hongre, « 4 habitants par hectare », le cabinet Leclerc penche pour l’idée d’une « ville durable » favorisant « la densité » et la « mutualisation » des équipements. En clair, le schéma « horizontal » du pavillon avec jardin serait délaissé pour un habitat plus concentré et donc « plus écologique ».
Une concentration qui ne serait pas pour autant synonyme de croissance effrénée de la population.
Soucieux de préserver des espaces paysagers naturels, les architectes projettent une population de « 45 000 habitants à terme ». Soit moins que les ambitions de Disney et de l’Etat, qui prévoient respectivement 55 000 et 80 000 habitants dans le secteur IV d’ici à 2030.
Un boulevard circulaire plus urbanisé. Pour l’équipe de François Leclerc, « le cercle rassemble physiquement et symboliquement les logiques économiques (parcs Disney, hôtels), les logiques d’infrastructures (RER, TGV) et les logiques urbaines ». A ce titre, il doit « lier les univers du territoire qui aujourd’hui s’ignorent ». Une mission qui passerait par la poursuite du développement urbain autour du boulevard circulaire, « notamment la partie nord et ouest sur son pourtour extérieur ». Elle « offre une marge d’intervention totale aux acteurs publics puisque le foncier se situe hors du périmètre Disney ». Contacté par téléphone, le président UMP du SAN, Jean-Paul Balcou, confirme cette piste : « Nous devons nous réapproprier le boulevard circulaire, qui doit devenir comme à Serris une voie interne bordée d’équipements… »
Mutualiser les transports. Le rapport Leclerc souligne pêle-mêle la « dépendance à l’automobile » du secteur, la « privatisation de la gare RER de Chessy-Marne-la-Vallée par Disney » et l’engorgement de routes qui, à l’instar de la D 406, « ont perdu leur vocation initiale » pour accueillir de nombreux automobilistes en transit. Il plaide pour le développement d’un « système de transports en commun efficace à l’échelle des cinq communes du SAN ».
Vers la fin de la « monoactivité » touristique. Constatant que « les deux locomotives du secteur (le centre commercial et Disney) sont arrivées… quasiment au terme de leur développement en termes d’emplois », l’équipe Leclerc plaide pour une diversification économique du secteur. Un processus qui passerait par une densification de l’Arlington Business Park, à Serris, qui culmine aujourd’hui à 110 emplois par hectare. Sans oublier une meilleure lisibilité du « potentiel inhérent à la localisation de la gare TGV pour l’implantation d’un centre d’affaires », qui « semble sous-exploité » à l’heure actuelle. Reste à savoir si Disney acceptera de jouer le jeu d’une diversité économique accrue, qui diminuerait d’autant son influence sur le secteur IV de Marne-la-Vallée.